Histoire du Couvent des Marianos, datant du XVIIème siècle et situé Rue des Janelas Verdes, aujourd’hui devenu York House Lisbonne
York House se trouve dans les installations de ce que fut autrefois le Couvent des Mariaux, disciples de la Vierge Marie.
C’est en 1581 que le Père Ambroise Mariano est venu au Portugal où il a introduit l’ordre des Carmes Déchaux, des disciples de Sainte Thérèse.
S’étant vite aperçu que la zone de Santos (un emplacement qui remonte au début de l’ère chrétienne et qui était lié à l’épisode des Saints Martyrs de Lisbonne – Vérissime, Julia et Maxime) était l’espace le plus approprié pour la construction d’un Couvent, il a entamé la construction de ce cloître, dont York House fait aujourd’hui partie intégrante.
Dédié à Notre-Dame des Remèdes, l’édifice a commencé à prendre forme le 27 septembre 1606, grâce à une offrande de 100.000 Reis (monnaie de l’époque) attribuée par Philipe I qui a compris l’importance et la noblesse des Mariaux.
Jusqu’en 1834 (date de l’extinction de l’ordre par Joaquim António de Aguiar, appelé Mata Frades) la vie se passait sereinement à l’intérieur des murs du Couvent, comme s’il était bercé para le rythme du Tage qui est là, juste à coté. Après cette date, l’édifice a été abandonné pendant quelques années.
Plus tard ses dépendances ont servi à des fins très diverses comme para exemple un hôtel militaire (1856-1871) ou un des ateliers de Gaspar José Marques, qui se servait du temple pour construire ses inventions.
Quelques dates importantes dans l’existence de York House
1879 – Entre 1759 et 1879, le Couvent a été utilisé de façons très diversifiées mais peu de bénéfices en ont été retirés. En 1879, il a été vendu aux enchères à une société irlandaise appartenant à l’Église Évangélique qui l’a acquis pour 30.000$00. La propagation du culte évangélique serait l’une des raisons de cet achat. En effet, cette société a inauguré dans un espace contigu au temple pour le culte, ayant réservé pour l’habitation du pasteur l’une des parties du Couvent, alors que le reste de l’espace, agroupé aux alentours du magnifique cloître, a été loué à des artisans.
1880 - Un an après l’achat du Couvent, deux dames anglaises, originaires de la région de Yorkshire, ont manifesté l’envie de louer le site où habitait le pasteur. Ainsi naissait la pension YORK HOUSE.
1890 – 1910 – Ayant dirigé leur pension pendant vingt ans, les deux dames ont passé le bail de la maison à deux autres dames, elles, aussi, anglaises. Environ dix ans après, la pension a, à nouveau, changé de mains. Cette fois ce sont deux françaises, les dames Chiron.
1931 – Au bout de vingt et un ans, les propriétaires vendent leur pension, encore appelée la Pension YORK HOUSE, pour 220.000$00 à un couple d’origine française, les Goldstein.
Sous la responsabilité de ce couple, existait alors une petite pension de troisième catégorie, à laquelle donnaient vie six pensionnaires, logés avec peu de confort : sans eau courante, ni réchauffement, avec de vieux meubles, du vieux papier peint sur les murs, un parquet en toile cirée et des lampes pendues au plafond qui illuminaient très peu. Le reste de l’équipement industriel se trouvait dans des conditions identiques : le linge trop usé, les objets de cuisine pratiquement inexistante, un seul sucrier servait à tous les hôtes...
À cette époque la pension consistait en un rez-de-chaussée où il y avait une cuisine avec une cuisinière à bois, une salle à manger, un bureau, une salle de bain et seize chambres. Il y avait encore la résidence des propriétaires: trois pièces avec salle de bains.
Au premier étage se trouvaient dix chambres et une salle de bains... Alors, face à tout cela, que faire ? Même étant embelli par l’architecture conventuelle, la disposition en deux zones et l’existence d’un patio, il était difficile de croire à l’avenir ou au succès de cet établissement. Sans oublier que l’entrée de la pension se faisait par la cour, ce qui l’isolait des contacts avec la rue.
Cependant Madame Goldstein a décidé de faire des aménagements et s’est lancé le défi de rendre habitables et dignes les vingt six chambres de la pension. Prudemment, puisque les moyens étaient limités et le poids du bail était élevé, le premier pas a été donné : les chambres de la pension ont été déblayées, puis remeublées. Les salles de bains, aussi, ont été rénovées et ont gagné des baignoires. Le linge de maison, la vaisselle et les outils de cuisine ont été remplacés.
1940 – Pendant les dix premières années de la maison, qui avait déjà un équipement technique considérable, il y a eu aussi un énorme investissement au niveau du capital humain. Il était urgent de se faire une clientèle, créer un nom qui dépasse le cadre national et même continental. On a alors misé sur une vocation cachée qui a, en effet, permit la matérialisation des objectifs proposés. En mélangeant travail et sentiments, de façon à favoriser la compétitivité, on a fait les premiers pas dans la voie de l’hôtellerie.
De l’année 1940 datent aussi l’eau canalisée et l’électricité passant par les murs sur lesquels on utilisait déjà de la peinture lavable.
1941 – Les combles ont été récupérés. On y a aménagé dix chambres et deux salles de bain, qui se destinaient à vingt cinq employées.
Home International, locataire de YORK HOUSE, abandonne la partie qu’il occupait au premier étage. Alors, de nouveaux aménagements ont été faits : huit nouvelles chambres et quatre salles de bains ainsi qu’une galerie de fenêtres penchées sur le patio intérieur, bien pittoresque.
Tous ces travaux ont été exécutés en tenant compte de l’architecture environnante et la décoration, aussi, s’est insérée dans cet encadrement naturel et historique.
1958 – Entre 1941 et 1958 cela a été le tour des services : restructuration et adaptation en fonction des trente quatre chambres en fonctionnement. La cuisine s’est élargie. La première installation d’eau chaude a eu lieu et des salles de bains privées ont surgi dans les chambres
En 1958, le logement du Pasteur protestant étant libre, c'est-à-dire la partie supérieure du premier étage qui encadre le patio du coté Est, YORK HOUSE en a profité et a obtenu des nouveaux espaces. Une fois de plus, il est important de souligner les sentiments et l’esprit d’initiative qui ont côtoyé la réalisation des grands travaux d’aménagement. Donc YORK HOUSE a gagné une salle, un couloir, un nouvel escalier et surtout onze chambres dont dix avaient un WC.
1964 – L’édifice qui entoure le patio du coté Ouest étant inoccupé tout a été fait pour permettre son intégration dans YORK HOUSE, grâce à un contrat commercial de location. Avec ce nouvel édifice qui n’était qu’un grand bâtiment avec un piédroit appréciable, de nouveaux travaux d’aménagement ont été faits. Deux plates-formes ont été construites et au premier étage on a installé un salon, un bar, une salle de bains et une chambre duplex, ainsi qu’une porte donnant sur le patio. Le lien entre les deux plates-formes s’est fait par un escalier intérieur à balustrade qui, tout en communicant avec le couloir, permettait d’avoir accès au premier étage et à toutes les aires de YORK HOUSE. Deux autres chambres donnant sur ce couloir et avec des fenêtres vers le patio ont été construites.
Tous ces aménagements n’ont rien changé à l’ambiance de YORK HOUSE et se sont parfaitement intégrés dans la trace originale du Couvent. De l’année 1964, date encore l’agrandissement et l’amélioration da la salle à manger, une fois que le salon à coté a été installé dans la nouvelle aire de l’hôtel. Par la suite de ces travaux, dans une salle déblayée, une merveilleuse voûte d’une pure trace classique a été découverte et la salle à manger a, alors, été installée en duplex. Les améliorations n’ont pas été faciles et se sont surtout révélés dispendieuses. Les travaux de restauration et de reconstruction sont particulièrement délicats.
1965 – Étant donné le volume de travail que représentaient pour les services, les chambres, de plus en plus nombreuses, ainsi que la progressive augmentation du coût de la main d’œuvre, le besoin d’installer une lavandière s’est fait sentir. Une lavandière de type industriel a été choisie afin de garantir une meilleure rentabilité.
Afin d’améliorer les conditions de travail, une restructuration au niveau du matériel de cuisine a aussi été effectuée. La cuisinière mazout a été remplacée par une cuisinière à gaz.
En 1965, YORK HOUSE comprenait quarante six chambres, parmi lesquelles trente six avaient salle de bains et WC, deux salles de bains à chaque étage, une salle à manger en duplex, trois salles, une cuisine et services et aussi dix chambres pour employées avec deux salles de bain. Malgré tous les travaux réalisés, le style monastériel a toujours été préservé et revalorisé.
C’est un plaisir et un honneur de pouvoir apprécier la beauté architectonique à chaque pas. Ici, les couloirs, formés par la jonction des voûtes successives, les salles, la salle à manger, même les portes de certaines chambres nous invitent à un voyage intemporel en nous donnant la sensation d’être dans un Couvent séculaire.
Tout cela étant, d’autres idées surgissaient, en fonction des caractéristiques et des possibilités de l’espace. C’est le cas du magasin de meubles qui existe sous YORK HOUSE, constitué par plusieurs salles d’une trace architectonique d’une grande beauté, elles aussi, qui peuvent, sans doute, être intégrées dans YORK HOUSE d’une façon très avantageuse. Cependant cette idée a dû faire face à de grandes difficultés.
1966 – 1967 – La possibilité d’agrandir YORK HOUSE a ressurgi, étant donné que, occasionnellement, l’opportunité de louer un immeuble Rue des Janelas Verdes, au nº 47 s’est présentée. Un immeuble dont l’existence serait liée à la vie et à l’œuvre de l’écrivain Eça de Queirós.
Les contacts nécessaires étant faits, il a été possible de réaliser l’affaire et YORK HOUSE s’est audacieusement relancé dans de grands travaux d’aménagement de l’édifice. En fait, l’immeuble a été entièrement reconstruit. Seuls les murs extérieurs ont été maintenus. Tout le reste a été adapté à la nouvelle réalité de l’industrie hôtelière. Cependant, à l’intérieur des murs, une ambiance spéciale existe : le grand romancier portugais y laissa sûrement une empreinte perpétuelle. Les travaux se sont prolongés jusqu’en 1969 et le résultat : douze nouvelles chambres de qualité supérieure, équipées avec bain, bar salles et respectifs supports logistiques. A la fin des années soixante, YORK HOUSE possède cinquante huit chambres dont quarante huit ont une salle de bains et tout un ensemble d’installations et services qui peuvent dés lors être nommés services hôteliers.
1970 – Au début des années soixante dix, pendant les trois premières années, il a fallu résoudre quelques problèmes financiers, ensuite York HOUSE a aussi été surpris par la Révolution d’avril et ses moments de trouble.
1981 – En 1980 certaines difficultés ont été vaincues, ce qui a permis l’intégration du magasin de meubles et de commencer un projet de récupération de meubles en faveur de l’Hôtel. En ce moment, le projet continue. Et les travaux de récupération de l’entrée effectués de façon à respecter et valoriser le style conventuel de la maison datent de 1981.
2003 - Début du nouveau projet de redécoration de York House qui s’est adapté aux temps modernes et à la nouvelle clientèle. L’architecte Filipa Lacerda, responsable pour ce travail magnifique, a créer une heureuse composition en assemblant les empreintes d’un espace antique avec une décoration à laquelle on peut appeler « design chic » le succès a été immédiat et les craintes d’une réaction moins favorable de la part d’une clientèle plus traditionnelle se sont promptement effacées.

|